L'art et la culture reçoivent une attention particulière chaque février car c'est le mois qui leur est consacré. Mais pourquoi notre appréciation semble-t-elle si éphémère ?
Après le vibrant Mois national des arts, son dynamisme semble tout simplement s'estomper.
Il existe de nombreuses raisons et réponses à cette question si nous y réfléchissons. Peut-être accordons-nous plus de valeur aux grandes festivités qu'à la création quotidienne. Une fois la cérémonie d'inauguration et les feux d'artifice terminés, le travail est fait, et il n'y a plus d'incitation pour le public à s'intéresser à l'art durant les jours ordinaires.
Parfois, nous ne voyons l'art que comme une simple décoration pour une occasion et non comme une partie essentielle du développement de la société. C'est pourquoi, lorsqu'il n'y a plus de « célébration », beaucoup ne voient plus de raison de lui accorder de l'espace. Il n'est pas ancré dans notre système comme un service essentiel tel que l'économie ou la santé, ce qui facilite sa mise de côté dans le budget et l'attention.
Nous manquons également de centres artistiques ouverts et actifs toute l'année en dehors de Metro Manila.
Notre appel doit être de ne pas limiter l'art à l'« esthétique » uniquement. Utilisons-le dans l'enseignement des sciences, du climat, ou utilisons-le comme partie intégrante de la mobilisation des jeunes.
En tant qu'institution principale promouvant et préservant l'art et l'identité, les orientations de la Commission nationale pour la culture et les arts (NCCA) sont essentielles pour que l'art ne reste pas une simple activité isolée. La création d'une communauté d'artistes qui dialoguent et se produisent régulièrement est plus efficace qu'une célébration ponctuelle. Sous leur direction, nous devons faire en sorte que l'art et la culture fassent partie intégrante de nos politiques en matière d'éducation, d'environnement et de gouvernance locale. De cette manière, nous garantissons que des fonds, de l'attention et de la reconnaissance suffisants leur sont alloués.
En fin de compte, l'art ne doit pas être traité comme une décoration de Noël que l'on sort uniquement à l'approche de février et que l'on range à nouveau en mars. Le traiter comme un événement « saisonnier » est une insulte à notre identité et à la profondeur de notre culture. Si nous laissons l'art n'être qu'une ombre dans les mois à venir, nous nous privons de l'opportunité de voir le monde sous une perspective plus profonde. L'art n'est pas qu'un divertissement temporaire ; c'est le fondement solide de notre conscience collective que nous devons défendre et enrichir chaque jour de l'année.
Ne laissons pas la flamme de notre créativité s'éteindre en tournant simplement la page du calendrier. Le défi pour chacun est de faire de l'appréciation de l'art une partie de notre système quotidien. Au lieu d'être la dernière priorité, il doit être un partenaire dans chaque plaidoyer, dans chaque salle de classe et dans chaque rue. Car le véritable succès de l'art ne se mesure pas au bruit d'un festival d'un mois, mais à la façon dont il continue de transformer nos vies, de renforcer nos principes et d'enflammer notre identité philippine, quel que soit le mois ou la saison.


